
Par François Marchal –

Je suis en compagnie de Miguel Torres Maczassek,D-G de Bodegas Torres, appartenant à la 5e génération familiale.
Nous sommes conviés ce matin pour déguster des vins issus de cépages ancestraux qui ont été récupérés et ravivés par la famille Torres. Débuté il y a plus de 30 ans, cette recherche de cépages ancestraux post-phylloxera, a permis d’identifier et de faire revivre près 55 cépages, dont plusieurs catalans, jusqu’ici inconnus ou sous l’étiquette de vignes anciennes non identifiées. Parmi ces cépages, six d’entre eux présentent un fort intérêt œnologique et ont été enregistrés au Ministère de l’Agriculture, nous explique Miguel Torrez Maczassek, le directeur général de Bodegas Torres de passage à Montréal.
Certains de ces cépages offrent non seulement un fort potentiel, mais s’avèrent également plus résistants aux températures élevées et à la sècheresse, ce qui les rend fort intéressants vu les changements climatiques actuels.
Les voici :
Le forcada (blanc) dans l’AOP Penedès, le pirene (rouge) dans l’AOP Costers del Segre, le moneu (rouge), Castell de la Bleda, AOP Penedès, le gonfaus (rouge) AOP les Garrigues, le querol et la garro (rouge) AOP Muralles.
La recherche de cépages a débuté en Catalogne mais s’est depuis étendue à d’autres régions viticoles espagnoles comme la Rioja, la Ribera del Duero, la Rueda et Rias Baixas. En 2015, Torres a inauguré sur son domaine de Pacs del Penedès, des installations destinées à la micro-vinification, permettant ainsi d’étudier ces céapages en profondeur.
Dans les années 2000, l’équipe R&D de Bodegas Torres a collaboré avec l’Institut National de la Recherche Agronomique Français, situé à Montpellier, afin de mettre au point une méthode innovatrice permettant de propager ces cépages. Le processus de récupération de cépages ancestraux est composé de cinq étapes : La recherche de cépages, l’identification et le classement, l’évaluation et l’étude du potentiel œnologique, la santé de la vigne et la reproduction et finalement l’adaptation au vignoble. De l’éprouvette au vignoble, les cépages ont été replantés. Cela prend beaucoup de temps nous confie monsieur Torres. Il faut trouver les bons sols, les bons climats pour les bons cépages. Certains préfèrent des climats chauds et des sols argileux. D’autres aiment l’altitude et des climats plus frais et des sols calcaires. Il a ensuite fallu aller chercher les accords avec le gouvernement et les appellations. Ce processus prend entre 10 et 15 ans conclu-t-il.

Le cépage blanc forcada
Je m’attarderai ici au seul cépage blanc du groupe proposé, le forcada. Cultivé à 550 mètres d’altitude, ce cépage pousse sur des sols argilo-calcaires du domaine Mas Palau dans l’AOP du Penedès en Catalogne sur 2.8 hectares. Avec un débourrement début avril et un maturité atteinte à la mi-octobre, le forcada est un cépage surprenant qui donne au vin un bon potentiel de garde. L’élaboration du vin est faite avec des grappes entières et un pressurage doux. Le tout est fermenté dans des cuves inox à basse température. Le vin reste aussi en contact avec ses lies ce qui lui profère un très bel équilibre.
Ce Forcada 2016 de la famille Torres est habillé d’une jolie robe jaune pâle aux reflets dorés. Il se dégage au nez des notes d’agrumes citronnées et de fleurs blanches moyennement aromatiques. En bouche, le vin est sec et vif avec une très belle fraîcheur et une finale saline que j’ai beaucoup appréciée. J’aurais accompagné ce vin d’un filet de bar rayé aux herbes fraîches.
Seulement 1 200 bouteilles ont été produites en 2016 et Monsieur Torres m’avoue qu’il y aura probablement quelques caisses pour le Québec cette année, accessibles par l’entremise des Vins Philippe Dandurand possiblement en fin d’année.


À Bordeaux, deux problèmes se posent cette année: 10.000 hectares de vigne ont été endommagés par la grêle depuis la fin mai et des moisissures de mildiou se sont développées, après les pluies de mai et juin. Le mildiou a touché d’autres régions françaises. Les plus exposés sont les viticulteurs bio. Impossible pour eux de recourir aux fongicides chimiques pour se débarrasser du champignon qui pourrit feuilles et rameaux. La chaleur est une alliée pour sécher les moisissures. Mais pour Laurent Herlin, viticulteur installé en bio en 2009 dans le Bourgueuil (centre), même la sécheresse « n’a pas permis d’arriver à bout du mildiou ».
Dans les Bouches-du-Rhône, les vendangeurs arriveront aux dates habituelles en raison d’un début de saison tardif lié aux abondantes pluies du printemps. « On a eu un printemps exceptionnellement pluvieux qui a favorisé le développement du mildiou et maintenant la sécheresse. C’est très compliqué et rare d’avoir ces deux phénomènes la même année », explique à l’AFP Romain Blanchard, viticulteur près d’Aix-en-Provence.


Toutes ces études qui disent que les vins chers sont une arnaque m’agacent. Parce qu’elles dénigrent l’apprentissage : restez ignorants, ça vous coûtera moins cher. Mais lorsque ce sont les gens du métier qui découragent l’apprentissage, en intimidant les consommateurs avec leur dernière trouvaille obscure ou avec un comportement arrogant, alors que nous devrions tous chercher à être le plus inclusifs possible, là, je me fâche.